Artaix : l'énigmatique Ariolica de la Table de Peutinger ?
La Table de Peutinger, carte routière de l'époque romaine, mentionne une ville étape nommée Ariolica, située entre Roanne et Digoin, à l'ouest de la Loire. Cette cité, tout comme Mediolanum, est source d'interrogations pour les historiens.
Localisation d'Ariolica : un débat complexe
Plusieurs localisations ont été proposées pour Ariolica :
* Avrilly-sur-Loire : (13km d'Artaix) cette option a été rapidement écartée en raison de la distance trop importante entre Avrilly et Roanne.
* Saint-Martin-du-Lac : (en face de l'autre coté de la Loire) bien que cette option soit séduisante, notamment en raison de sa proximité avec Marcigny, elle présente un inconvénient majeur : le site est situé à l'est de la Loire, alors qu'Ariolica est clairement indiquée à l'ouest du fleuve sur la Table de Peutinger.
* La Pacaudière : (14km d'Artaix) cette localité est souvent citée, mais une confusion d'époque et d'itinéraire biaise cette hypothèse. En effet, La Pacaudière était une importante bourgade artisanale à l'époque gallo-romaine, mais elle n'était pas directement liée à Roanne avant le Moyen Âge. De plus, elle se situe sur l'ancien chemin du Forez et non sur la voie romaine reliant Roanne à Digoin.
La Pacaudière : une bourgade artisanale florissante
La Pacaudière était réputée pour son artisanat, notamment le sciage de long et la poterie-vannerie. Les cruches de terre cuite, typiques de la région, étaient protégées par un gainage en osier. Des routoirs, sortes de fosses utilisées pour stocker l'osier, ont été retrouvés sur les sites de fouilles de La Pacaudière et de Roanne, témoignant de l'importance de cette activité artisanale.
Artaix : la candidate la plus plausible
Selon la source, la Table de Peutinger ne laisse que peu de choix : la localisation la plus probable pour Ariolica est Artaix, au confluent de l'Arçon.
Cette hypothèse est d'autant plus plausible qu'Artaix se situe sur l'ancienne voie ligérienne, qui reliait Roanne à Digoin en longeant la Loire.
Les voies romaines au départ d'Ariolica
Plusieurs voies romaines importantes partaient d'Ariolica :
* La voie ligérienne : elle reliait Roanne à Digoin, où elle traversait la Loire au niveau de La Motte, une ville frontière éduenne nommée Pocrinium.
* La voie vers le Mont-Saint-Vincent : cette ancienne route gauloise traversait la Loire à Artaix, puis suivait la vallée de l'Arconce pour rejoindre le Mont-Saint-Vincent en passant par Charolles.
* La voie vers Vichy : cette voie transversale, mise en évidence dès 1844 à l'Hospital-de-Chenay, reliait Ariolica à Aquae Calidae (Vichy). Une section de cette voie, entre Vorocium et Urbise, a été réutilisée au Moyen Âge pour relier Vichy à Mâcon.
Vorocium : l'énigme persiste
L'identification de Vorocium, ville étape entre Ariolica et Aquae Calidae, reste incertaine. Bien que le nom moderne de Varennes ait été proposé, il est important de noter que plusieurs localités portaient ce nom. Les distances indiquées sur la Table de Peutinger excluent Varennes-sur-Allier, trop éloignée et trop au nord. Vorocium serait plutôt l'ancien Varennes-sur-Besbre, aujourd'hui connu sous le nom de Lapalisse, en raison de son château.
Ancien Texte
La Table de Peutinger, entre Roanne et Digoin à l'ouest de la Loire, qui se cache derrière Ariolica ?
Au nord de Roanne, à mi-chemin entre Pocrinium, (l'actuelle ville de Digoin), et la capitale ségusiave, se trouvait une ville étape sur la voie ligérienne, qui avait pour nom Ariolica.
Cité tout aussi énigmatique pour les historiens que Mediolanum, Ariolica est pourtant très clairement localisable avec la Table de Peutinger.
Certains auteurs ont timidement avancé le village d'Avrilly-sur-Loire, mais ce dernier est beaucoup trop éloigné de Roanne. Le site de Saint-Martin-du-Lac près de Marcigny, est séduisant, mais il est situé du mauvais côté de la Loire.
La localité la plus souvent citée pour Ariolica est La Pacaudière; malheureusement, les gens se trompent d'époque et d'itinéraire. Située sur l'ancien chemin du Forez, La Pacaudière n'a pas eu de lien directe avec Roanne avant la fin du Moyen Âge lorsque Villefranche a remplacé Beaujeu et que Roanne a pris de l'importance au détriment de Charlieu.
Au 16e siècle, avec l'établissement de la poste royale de Moulin à Lyon, le chemin du Bourbonnais (Roanne Lapalisse) a remplacé le "grand chemin ferré" de Roanne à Digoin, l'ancienne voie romaine qui passait par Ariolica.
La Pacaudière a été à l'époque gallo-romaine une importante bourgade artisanale au centre de la côte roannaise à mi-chemin de Saint-Alban et Sail-les Bains. Le sciage de long, une spécialité forézienne, et la poterie-vannerie en étaient les deux activités principales. Les cruches de terre cuite, sans oreilles ni décoration latérale, recevaient un gainage anti choc en osier avec un fond stable et des anses pour en faciliter la manipulation.
L'osier nécessaire à cette fabrication était entreposé dans des routoirs, sortes de fosses spécialement aménagées à cet effet, et que l'on découvre aussi bien sur les chantiers de fouille de La Pacaudière que ceux de Roanne, une caractéristique typiquement régionale puisque l'on ne retrouve nul part ailleurs des routoirs associés à des fours de potier.
(d'après la source) La Table de Peutinger ne nous laisse pas vraiment le choix,
le seul site possible est la petite localité d'Artaix au confluant de l'Arçon.
La voie ligérienne empruntait une route gauloise jusqu'à Artaix, ensuite longeait la Loire, puis traversait cette dernière à Digoin en un lieu appelé La-Motte; une ville frontière éduenne nommée Pocrinium fief des sieurs Digoine dans le haut Moyen Age.
D'Artaix, l'ancienne route gauloise traversait la Loire, empruntait la vallée de l'Arconce pour se rendre au Mont-Saint-Vincent en passant par Charolles.
Une autre voie romaine, partait d'Ariolica, pour se rendre à Vichy. Cette voie transversale a été mise en évidence dès 1844 à l'Hospital-de-Chenay au sud ouest d'Artaix. Une section entre Vorocium et Urbise a été réutilisée au Moyen Âge pour relier Vichy à Macon; ce chemin moyenâgeux traversait la Loire sur un pont entre Chambilly et Marcigny.
Le nom moderne de Vorocium serait Varennes; mais attention, chaque rivière possédait une localité du même nom.
La ville étape entre Ariolica et Aquae. Calidae n'est pas Varennes-sur-Allier, beaucoup trop éloignée et trop au nord. Là encore, les distances portées sur la Table de Peutinger sont sans appel.
Vorocium était l'ancien Varennes-sur-Besbre qui à pris aujourd'hui le nom de son château; Lapalisse! La famille Chabannes de la Palice occupe encore ces lieux, depuis le XIIe siècle.